Le pouvoir de l’anaphore

Dynamisez votre discours avec une anaphore

L’anaphore est une figure de style qui peut grandement vous aider à structurer et magnifier vos discours.

 

L’anaphore, provient du grec anaphora qui signifie « porter à nouveau ».

L’anaphore est abondamment utilisée depuis l’Antiquité.

L’anaphore est l’une des figures de style majeures de la rhétorique antique.

L’anaphore est la répétition d’un mot ou groupe de mot, comme ci-dessus.

Discours Francois Hollande anaphore moi president

L’anaphore la plus célèbre en France

L’anaphore contemporaine incontournable est celle prononcée par François Hollande, lors du débat de l’entre-deux-tours de l’élection présidentielle, le 2 mai 2012 face à Nicolas Sarkozy, devant des millions de téléspectateurs.

Moi président de la République, je ne serai pas le chef de la majorité, je ne recevrai pas les parlementaires de la majorité à l’Élysée.

Moi président de la République, je ne traiterai pas mon Premier ministre de collaborateur.

Moi président de la République, je ne participerai pas à des collectes de fonds pour mon propre parti, dans un hôtel parisien.

Moi président de la République, je ferai fonctionner la justice de manière indépendante, je ne nommerai pas les membres du parquet alors que l’avis du Conseil supérieur de la magistrature n’a pas été dans ce sens.

Moi président de la République, je n’aurai pas la prétention de nommer les directeurs des chaînes de télévision publique, je laisserai ça à des instances indépendantes.

Moi président de la République, je ferai en sorte que mon comportement soit en chaque instant exemplaire.

Moi président de la République, j’aurai aussi à cœur de ne pas avoir un statut pénal du chef de l’État ; je le ferai réformer, de façon à ce que si des actes antérieurs à ma prise de fonction venaient à être contestés, je puisse dans certaines conditions me rendre à la convocation de tel ou tel magistrat ou m’expliquer devant un certain nombre d’instances.

Moi président de la République, je constituerai un gouvernement qui sera paritaire, autant de femmes que d’hommes.

Moi président de la République, il y aura un code de déontologie pour les ministres, qui ne pourraient pas rentrer dans un conflit d’intérêts.

Moi président de la République, les ministres ne pourront pas cumuler leur fonction avec un mandat local, parce que je considère qu’ils devraient se consacrer pleinement à leur tâche.

Moi président de la République, je ferai un acte de décentralisation, parce que je pense que les collectivités locales ont besoin d’un nouveau souffle, de nouvelles compétences, de nouvelles libertés.

Moi président de la République, je ferai en sorte que les partenaires sociaux puissent être considérés, aussi bien les organisations professionnelles que les syndicats, et que nous puissions avoir régulièrement une discussion pour savoir ce qui relève de la loi, ce qui relève de la négociation.

Moi président de la République, j’engagerai de grands débats, on a évoqué celui de l’énergie, et il est légitime qu’il puisse y avoir sur ces questions-là de grands débats citoyens.

Moi président de la République, j’introduirai la représentation proportionnelle pour les élections législatives, pour les élections non pas de 2012, mais celles de 2017, car je pense qu’il est bon que l’ensemble des sensibilités politiques soient représentées.

Moi président de la République, j’essaierai d’avoir de la hauteur de vue, pour fixer les grandes orientations, les grandes impulsions, mais en même temps je ne m’occuperai pas de tout, et j’aurai toujours le souci de la proximité avec les Français.

L’anaphore de François Hollande était en fait une réponse à une anaphore de Nicolas Sarkozy

Cette anaphore était la réponse à l’anaphore de Nicolas Sarkozy « je veux être le président » (27 fois), lors de son discours d’investiture au congrès de l’UMP le 14 janvier 2007 :

Je veux être le Président d’une République qui dira aux jeunes :  » vous voulez être reconnus comme des citoyens à part entière dès que vous devenez majeurs. Vous le serez. (…)

Je veux être le Président d’une République qui dit à la jeunesse :  » tu reçois beaucoup, tu dois donner aussi de toi-même. (…)

Je veux être le Président d’une France qui remettra le travailleur au cœur de la société. (…)

Je veux être le Président de l’augmentation du pouvoir d’achat. (…)

Je veux être le Président du peuple qui a bien compris que les RTT ne servent à rien si on n’a pas de quoi payer des vacances à ses enfants. (…)

Je veux être le Président de tous ces Français qui pensent que l’assistanat est dégradant pour la personne humaine. (…)

Je veux être le Président qui s’efforcera de moraliser le capitalisme parce que je ne crois pas à la survie d’un capitalisme sans morale et sans éthique (…)

Je veux être le Président qui va remettre la morale au cœur de la politique. (…)

Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens : nous voulons l’Europe, nous la voulons parce que sans elle nos vieilles nations ne pèseront rien dans la mondialisation, sans elle nos valeurs ne pourront pas être défendues, sans elle le choc des civilisations deviendra plus probable et le péril pour l’humanité sera terrible.

Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens :  » nous ne ressusciterons pas la Constitution européenne. (…)

Je veux être le Président d’une France qui dira aux Européens :  » nous ne pouvons plus continuer avec une monnaie unique sans un gouvernement économique. (…)

Je veux être le Président d’une France fière de ses régions d’Outre-Mer qui sont une chance pour notre nation et qui ont le droit au développement par l’instauration de zones franches globales.

Je veux être le Président d’une France qui ira dire aux Européens :  » nous ne pouvons pas continuer à tourner le dos à la Méditerranée, car autour de cette mer où depuis deux mille ans la raison et la foi dialoguent et s’affrontent, sur ces rivages où l’on a mis pour la première fois l’homme au centre de l’univers, se joue une fois encore une part essentielle de notre destin. (…)

Comme vous l’aurez compris, l’anaphore vous saura propice pour marquer les esprits et marteler votre message, de façon plus ou moins subtile.

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